Samedi 14 Juin

Vallée des Aldudes – BA 102 - Samedi 14 juin 2008 – Commune des Aldudes

Participants : Xabier Alfaro, Marie Chastanier, Olivier Delord, Laurent Dupeyron, Jérôme Tainguy

De la première spéléologique aux Aldudes !

Nous nous retrouvons dans cette belle vallée verdoyante des Aldudes pour descendre dans un ancien trou (le Claude Goguyer) qui pourrait être prometteur au fond d’après les écrits de l’époque (réf. Ikartzaleak n° 10 du Ziloko Gizonak). Quelques semaines auparavant, Xabier l’avait retrouvé et nous avions décidé d’aller le rééquiper pour voir de plus près. Le problème étant de monter le piste en 4 x 4 avec toute la pluie tombée ces derniers jours, aussi Xabier avait prévu la logistique. Mais le destin en a jugé autrement comme c’est souvent le cas ! En passant devant la résurgence au-dessus de la ferme Feranyo (BA 103), nous stoppons pour aller voir le niveau d’eau et Xabier nous apprend qu’il est venu dernièrement creuser une fissure ventilée d’où sort pas mal d’eau à gauche de la résurgence principale. En quelques jours l’eau a travaillé pour nous et a considérablement emporté la terre qui bouchait l’entrée : la voie est libre. C’est là où je dis qu’il faut y aller mais personne n’est motivé pour se mettre dans l’eau. Ni une, ni deux, je pose les chaussures, chaussettes et pantalon pour en avoir le cœur net. L’entrée est basse, je suis à quatre pattes dans l’eau, le t-shirt trempe un peu mais ça ne fait rien, la galerie se relève, je tiens debout et ça continue ! Pieds nus, l’eau est bien froide, je remonte gaiement l’eau turbulente qui dévale d’une petite cascade, puis c’en est une autre plus haute, puis encore une autre qui cette fois grimpe plus. L’adhérence est parfaite avec mes orteils que certains qualifient de doigts et la progression continue jusqu’à un rétrécissement de la galerie mais il y a une suite, je m’arrête là et fait demi-tour pour aller informer les copains restés dehors. Je les invite à y aller voir mais tout le monde fait la fine bouche en argumentant que c’est mouillé et patati, patata… J’insiste et nous revenons à la voiture pour s’équiper de nos combinaisons justement encore sales de la dernière fois et chausser des bottes._Users_olivier_Desktop_03 Nous savons que nous allons nous mouiller et Laurent râle à l’avance de devoir tremper son beau caleçon Harley Davidson offert par sa copine ! Nous partons d’abord voir la grande résurgence BA 103 pour voir comment elle se présente et c’est surtout pour commencer à remplir les bottes, histoire de se « mettre dans le bain » ! Nous arrivons très vite au bout qui se finit en étroiture impénétrable. Rendus devant l’autre résurgence, Xabier rentre en premier talonnés par nous autres, nous remontons jusqu’à mon terminus d’il y a un quart d’heure et Xabier s’enquille dans la petite galerie, un petit moment d’hésitation devant un resserrement des parois qui oblige à se coucher en partie dans l’eau, mais ça passe et ça continue devant nous ; une chute d’eau nous interpelle. Nous nous trouvons tous les deux devant un mur d’eau qui tombe du plafond, en levant la tête c’est impossible de voir à cause de la douche qui vient s’écraser sur nous mais nous grimpons quand même et en quelques secondes c’est la grande lessive : l’eau nous submerge, elle rentre partout : les trous du casque, le cou, les poches de la combinaison, tout ce qui était encore sec. Nous accédons à une petite salle qui nous montre, par le sable accumulé, que le débit peut être beaucoup plus puissant que ce que nous avons aujourd’hui. La suite est encore au dessus de nous : l’eau tombe d’une étroiture qui devrait se passer sans élargir : c’est la seconde grosse rincée, les bottes sont bien pleines ! Nous voyons la suite qui se présente par une faille d’où arrive l’eau mais elle restera inviolée. Toutefois nous avons ressenti un vent froid qui en sortait. Demi-tour, de nouveau les douches successives, l’étroiture de l’aller et nous rejoignons les autres qui nous attendaient. Xabier est moi sommes très excités par cette belle petite première et nous poussons les autres à y aller voir et surtout qu’ils se mouillent tout autant que nous ! J’accompagne Jérôme et Laurent de nouveau au terminus : opération réussie, ils sont complètement trempés ! Demi-tour et nous regagnons le soleil de l’extérieur pour se réchauffer. Au total, il faut attendre de faire la topo, mais ce doit être une centaine de mètres explorés ce samedi, de quoi se réjouir d’avoir fait de la première dans ce petit karst des Aldudes depuis sans doute bien longtemps !

_Users_olivier_Desktop_09Olivier Delord