Formation FFME : Neige et Avalanches

Samedi 10 janvier 2009 à Pont de Camp (Laruns)

Participant : Denis Vincens

L’hiver est là, la neige aussi. On va enfin pouvoir sortir les ARVA des cartons. Mais attention, ce n’est pas sans risque ! La FFME organise une formation « Neige et avalanches » lors de la Journée Nationale de la Raquette, prévue en 2 temps : exposé théorique et cas concrets.

François Sivardière, ancien directeur de l’ANENA (Association Nationale pour l’Etude de la Neige et des Avalanches), nous présente les différents flocons et leurs évolutions :

La neige fraîche, avec les flocons bien formés

Les particules reconnaissables avec certaines branches cassées

Les grains fins, sans branche, souvent collés entre eux

Les grains à face plane qui n’ont pas ou peu de cohésion

Les gobelets en forme de pyramides, sans cohésion

Les grains ronds unis par une couche d’eau souvent maintenue par le gel.

En fonction du gradient (écart de température entre le haut et le bas de la couche de neige en fonction de l’épaisseur), les flocons évoluent. Les plus dangereux sont évidemment ceux qui offrent le moins de cohésion : les grains à face plane et les gobelets.

Aussi, on observe 3 types d’avalanches :

L’avalanche de neige fraîche : le manteau glisse sous son propre poids.

L’avalanche de fonte : par excès d’eau sous l’effet du soleil et de la chaleur (printemps)

L’avalanche de plaque : glissement d’une couche sur une autre par manque de cohésion.

Dans 90 % des cas, un accident d’avalanche est une avalanche de plaque déclenchée par la victime. Il correspond à la conjonction de 4 conditions : une couche à bonne cohésion (plaque), une couche inférieure fragile, une pente (>30°) et à une surcharge (victime).

090110_NeigeFFME_1Le mécanisme de déclenchement commence par l’effondrement de la couche fragile sous le poids de la victime. Comme des dominos, l’effondrement se propage autour du point comme une onde. La couche fragile écrasée offre moins de résistance et la plaque ne tient plus que par sa propre cohésion. En quelques secondes, une cassure linéaire se produit et la plaque glisse vers le bas, entraînant avec elle la victime…

Une avalanche est donc plus facile à déclencher si la plaque est peu épaisse et si la couche fragile est constituée de gobelets, en versant peu ensoleillé, sur une forte pente.

Il est donc conseillé d’augmenter les distances entre les membres du groupe (diminuer la surcharge) et de limiter la zone d’impact : les uns après les autres sur la même trace !

Le randonneur peut effectuer des tests de stabilité du manteau neigeux :

Le test du bâton : repérer des couches fragiles ou résistantes (rapide mais peu fiable)

Le profil : taille à la pelle sur 1 m et observation des couches (assez rapide et assez fiable)

090110_NeigeFFME_2Le test de compression : découpe d’une colonne 30x30 cm sur laquelle on tape de plus en plus fort avec la pelle pour tester la cohésion (plus long mais fiable)

Enfin, l’équipement indispensable de tout randonneur en milieu enneigé est constitué d’un ARVA, d’une sonde et d’une pelle. Il faut savoir que les chances de survie d’une victime d’avalanche sont de 90 % dans les 15 premières minutes. Ensuite, par hypothermie et intoxication par son propre CO2, elles chutent à 30 % après 30 mn et 7 % au bout de 2 heures… L’appel des secours est souvent bien plus long que la recherche par les autres membres de l’équipe : l’organisation et la localisation par ARVA en moins de 5 mn, la sonde pour valider et la pelle pour dégager.

Des randos raquettes sont programmées en hiver. Evidemment, nous écouterons la météo et ferons lecture des bulletins « neige » locaux pour comprendre le risque « avalanche ». De plus, en raquettes, on évitera les pentes à plus de 30°. Et enfin, Leize-Mendi a acheté 5 kits complets (ARVA, sonde et pelle). Alors : à vos marques, guêtres, marchez !