Compte rendu perso de la sortie au Jean-Gilles du 25 septembre 2010-09-26

Remarque après cette journée de spéléo :
1)    Acheter des gants, des coudières et des genouillères !!! Ca parait inutile à un novice… Mais le lendemain, on comprend mieux… Petites plais et coupures sur les mains, les genoux, les coudes… VIVE LA SPELEO !!!
2)    Même si on est Haut Souletin, qu’on est têtu et fier, il faut quand même écouter les conseils !!! Ca évitera les maux d’épaules et de bras le lendemain, en optimisant la remontée !!!
3)    Acheter un bloqueur de pied… Et ne pas l’oublier !!!
4)    Je comprends pourquoi on appelle ça « un putain de kit »
5)    Ne jamais paniquer !!! Moi, j’ai paniqué ??
6)    L’acétylène, c’est génial, sauf quand ça tombe en rade au plus mauvais moment, dans les étroitures !!!
7)    Maîtres artificiers, à vos explosifs !!! Faites nous des jolis trous, des tunnels !!! Ca évitera les points 3,4 et 5 !!! Moi qui à la base était contre les desobs, maintenant, je suis entièrement pour !!!
8)    Je viens de comprendre avec un bel exemple le sens du mot GRAS pour une grotte !!!
9)    Celui qui a appelé ce gouffre le Jean-Gilles, à mon avis, il ne devait pas aimer ni Jean, ni Gilles !!! On ne donne pas à un gouffre comme ça le prénom de ces amis !!! Suggestion pour l’avenir : ne jamais appeler mes enfants ni Jean, ni Gilles !!!
10)    Exception au deuxième point : ne jamais croire les copains quand ils vous disent que des streap-tiseuses vous attendent en bas ou en haut, ou quand ils vous disent que la spéléo est un aspirateur à gonzesse… Faudra trouver autre chose la prochaine fois pour me motiver !!!
11)    Ne jamais se croire quand on dit « c’est quoi ce sport de merde, je raccroche le casque !!! »… On dit toujours ça parce qu’on est énervé !!
12)    Faire des explos, c’est génial, surtout quand on se rend compte à la sortie que tout le monde connaissait cette galerie et qu’elle était sur la topo !!! Suggestion au président : toujours dire que c’est une explo, ça motivera les troupes… Par contre, dur de faire croire ça quand il y a déjà des spits et des traces de pas partout….

Après ces quelques remarques, un petit compte rendu de la journée…
Rendez-vous au club à 9h30. Au vu de ce que l’on amène, comme dirait certain, on par « à poil »… Pas de cordes, pas de sangles, juste un kit avec un peu de bouffe… L’objectif de la journée étant de déséquiper le fond, pas « d’explorer le fond ». Avec les quelques cordes que l’on récupère, on pourra bien aller jeter un coup d’œil aux autres réseaux.
Petite pause café chez Olivier en passant pour faire le tour des dernières nouvelles du monde souterrain. Il pleut des trombes d’eau, dur dur de se motiver…
IMGP2792Et c’est parti pour le Jean-Gilles… En s’équipant, on se rend compte des oublis des uns et des autres… Une bonne paire de gant, un bloqueur de pied… Pas grave, on fera sans…
Et c’est parti pour la descente… Première partie, rien d’extraordinaire… Sans encombre, sans trop grand-chose à raconter, sauf le plaisir d’être à nouveau sous terre… Je ne m’attarde pas là dessus, tout le monde connait cette émotion…
Passage de l’étroiture, sans encombre même si ça frotte toujours… Pour moi, un record viens d’être franchit… Je n’étais jamais allé au-delà.
C’est après que cela devient plus chaud… Le sol est gras, ça glisse de partout, les cordes sont humides et pleines de boue… C’est dur de maîtriser la descente… Et pas forcément très agréable quand la corde glisse d’un coup… Vigilance accrue et ça passe sans encombre…
Une fois arrivée au fond, on hésite un peu… On mange ou on va voir sur la gauche, une escalade pas trop compliquée où, d’après le sixième sens de Stéphane et Olivier, il pourrait y avoir la suite ?
Alexis, en regardant comment peut se passer l’escalade, se retrouve en haut… Un petit passage étroit mais qui passe et il avance… Là, on commence à se dire que ça sent bon… Il ne nous entend plus, on ne voit plus sa lumière… Serait-ce la suite ?
Il revient quelques minutes plus tard, en nous disant que ça continue mais qu’il a besoin d’une parade pour une escalade… Philippe et Olivier me laisse l’honneur d’y aller… L’escalade se fait sans grande confiance… Jamais je n’ai grimpé comme ça, sans corde, sans être sûr des prises, avec les mains boueuses, les bottes boueuses. Au final, ce n’est pas si dur que ça…
Derrière, l’étroiture est… très étroite… C’est une étroiture verticale, une faille légèrement inclinée de la gauche vers la droite… Première impression… Ca ne passera pas, je ne le sens pas… Bon, je suis là, on va quand même essayer… Ca frotte, ça bloque… Une fois dedans, une grosse envie de faire demi-tour… En position de l’égyptien, impossible de faire demi-tour… Tant pis, faut continuer (ou tant mieux !!). Alexis m’aide pour la petite désescalade… La galerie n’est pas vilaine, avec des puits remontant. Elle suit la faille descendante… Ca sent plutôt bon pour une suite… Après la parade pour la petite escalade, Alexis continue… Et là, moment de solitude, je ressens ce que racontait Haroun Tazieff dans son livre lorsqu’il attendait le retour de Loubens… Sauf que pour lui, c’était des heures… Pour moi, 5 à 10 minutes tout au plus…
Plusieurs heures plus tard (donc, 5 à 10 minutes en réalité), Alexis revient enthousiaste :
« - ça à l’air de continuer, j’ai besoin d’une corde de 10 à 15 m. Ca change de gueule en plus, y’a de l’eau qui coule et y’a plus de boue ». (Plus de boue ??!!! GENIAL !)
Je fais le relais avec les autres qui partent déséquiper le dernier puits… Par chance, il y avait deux cordes sur celui là.
Olivier nous rejoint avec la corde pendant que Philippe reste à l’arrière, au cas où.
On passe la petite escalade qui s’appelle maintenant la galerie « wanagain » (désolé pour l’orthographe, je ne sais pas l’écrire) parce qu’on la vraiment passé à la « wanagain ».
On passe un petit boyau étroit, dans les éboulis pour arriver dans une galerie assez large, assez haute, avec beaucoup de puits remontants. Devant nous, un petit puits d’une dizaine de mètre, le puits « strit-poker » car on s’est tous « déshabiller » pour l’équiper… Petites sangles, mousquetons, tout ce qu’on avait sur nous y est passé…
La prospection au fond continue… Malheureusement, on ne trouve rien… Une escalade, peu engageante, serait peut être la suite…Top
On essaye un passage qu’on a vu au dessus du puits, en espérant pouvoir shunter l’escalade… Malheureusement, là encore, tout est bouché par des chaos rocheux…
On retourne voir Philippe qui a attendu patiemment pas loin de deux heures, dans le noir et le froid tout seul…
Un petit casse croûte au fond, à 17h avant la remontée… Au passage, record de profondeur battu pour moi.
Remontée sans incident mais en râlant pour moi… Le crawl ne voulait jamais avaler la corde !! On en revient aux premières remarques : toujours écouter les conseils des autres, et acheter un bloqueur de pied !!! En remontant, déséquipement des puits jusqu’au réseau des cloches.
Le vrai moment de galère a été dans l’étroiture… Kit bloqué, pédale bloquée, poignée bloquée, et moi avec !!! Gros moment de panique… Heureusement qu’Alexis était là pour me conseiller, et m’aider !!! VIVE l’explosif pour élargir !!!
La remontée finale a ensuite été des plus laborieuses !!!
On a enfin retrouvé le soleil qui se couchait à 20 h, pour les derniers…
Une bière à la voiture pour se remettre des émotions, une deuxième chez Olivier pour récupérer. Et, surprise en regardant le topo, cette galerie serait marquée… Un gros point d’interrogation subsiste, on n’est pas trop d’accord entre nous…
Un grand merci à Philippe pour sa patience au fond du trou… Deux heures à nous attendre… Merci à Alexis qui m’a bien aider à me sortir de ces #$¤@ d’étroitures !! Et merci à Olivier pour ses conseils que je n’ai pas suivi et pour sa patience dans la dernière partie de la remontée…

Gilen

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