Être prétentieux ou toucher le fond du Martel de Minassaro

26 mars 2011

Participants : Jérôme, Marie, Olivier, Alexis.martel_1

Un peu d’histoire pour commencer.
Bien avant notre ère, un certain Martel est venu fouiner et jeter quelques cailloux au fond des trous d’Urkulu.
Grâce à un télémètre laser hautement perfectionné, il évalue précisément la profondeur d’un gouffre située à proximité des cabanes de Minassaro. Son affichage digital indique une profondeur de 103 mètres. Il ne le descend pas et préfère le laisser aux générations futures (quel beau geste !).
Des membres du Ziloko Gizonak descendent le puits d’entrée dans les années 70 et atteignent le fond du gouffre à -140 m.
Gilbert et Gilles du Leize mendi y descendent à leur tour en 1981.E457_coupe_Martel_de_Minassaro Ils y apprécieront une douche pas particulièrement chaude dans le puits d’entrée. Gilles qualifie le fond de « pas beau ».
Depuis cette date, il se peut que personne n’y soit retourné.

Mais bon, nous, en ce samedi matin, on a bien l’intention de faire mieux que les autres et de déboucher dans l’énorme collecteur d’Urkulu par un P 150 … (le délire classique !!)

On décolle de chez Olivier vers 10h30 du bourg de St Michel et on décide de faire une  pause à la sortie de St Michel (au niveau du panneau). Mais ça s’explique, notre bonté et notre générosité exacerbée sont les responsables de cet acte courageux. Une automobiliste se bat avec son cric dans l’espoir de changer sa roue complètement à plat.
Notre intervention fulgurante règle ce problème délicat et, par chance, nous croisons son beau père qui est l’heureux propriétaire d’un bar d’Estérençuby.
Il nous propose un verre et, pour des raisons complètement mystérieuses, nous déclinons cette invitation dans l’immédiat.

Donc, nous voilà de nouveau sur la route d’Urkulu. Marie, installée confortablement à l’arrière de ma bagnole, manque de peu d’évacuer son petit déj.
La marche d’approche se déroule à peu prés correctement malgré quelques plaintes relatives à la distance et la dénivellation séparant la voiture du bord du trou.
Au détour d’un misérable bosquet, on tombe sur un trou qui a l’air de se développer sur quelques mètres. Agacé de voir que c’est trop facile de faire de la première, nous choisissons de l’ignorer et de remettre cette découverte à un autre moment (au passage, il semblerait que ce trou soit peut être le L3 – gouffre Ferrando).

Une fois au bord du gouffre Martel, une stratégie d’attaque est rapidement mise en place. La mission la plus périlleuse est confiée à Olivier. Il a la charge de dézinguer une plaque de calschiste (une sorte de grosse épée de Damoclès) et de l’envoyer au fond de l’abîme.martel_6 Sa force et son habileté légendaire ont rapidement raison de ce misérable caillou.
Il l’envoie dans le trou et un vacarme impressionnant s’en échappe (vous savez, le genre de truc qui vous fait hérisser tous les poils !!)
martel_2De mon côté, je me contente de planter 2 spits afin de mettre en place une main courante validée par l’EFS.

Après tous ces efforts, il est nécessaire de faire le plein d’énergie donc on attaque un repas léger (foie gras et une bouteille de Pernette).

A une heure relativement raisonnable, je commence la descente avec un petit paquet de bordel sur moi étant donné que la cavité risque de demander un poil de rééquipement.
Je joue du perfo à de nombreuses reprises en alignant des spits plus ou moins bien plantés (le quatorzième sera tout de même pas mal du tout).
martel_4Le puits est vaste et particulièrement esthétique. On a du mal à croire qu’on est sur Urkulu.

Olivier me rejoint au palier du grand puits alors que Marie et Jérôme entament une sieste pas spécialement méritée au regard des efforts engagés jusqu’ici.martel_3
Les rognons de silex typique d’Urkulu tapissent les parois de la deuxième partie du grand puits et le fond de celui-ci est bien gras (ça nous rassure, nous n’avons pas été téléportés par erreur dans un autre massif).
Olivier, triste de voir la distance qui sépare deux salamandres de sexe opposé, se transforme en responsable d’une agence matrimoniale en rapprochant ces deux individus. Il faut dire que leur existence relève du miracle avec le gros caillou qu’on a balancé à notre arrivée.

La suite se présente sous forme d’un ressaut relativement merdique de quelques mètres. Nous choisissons de ne pas l’équiper afin d’apporter une grosse difficulté à cette sortie trop tranquille.
Jérôme et Marie, tout juste réveillés, nous rejoignent afin d’émettre des critiques sur le déroulement de la journée (rythme, choix de la cavité, qualités gustatives du vin, …).
En bas du P10, ça commence à se gâter. Une étroiture, non recalibrée, est manifestement le passage obligé pour atteindre le fond.
Je m’y engage ainsi qu’Olivier peu après. On jette une corde dans ce qui semble être le dernier puits. Mais, en fait, il s’agit d’une pente bien raide et glissante qui amène au départ du P6. En bref, la corde prévue pour cet obstacle n’est franchement pas assez longue.

Bon autant que je balance un responsable (et puis, c’est moi qui le rédige ce compte rendu !) : Olivier a laissé en surface la corde supplémentaire. Il a cependant une excuse valable. Il est préoccupé par son statut potentiel de futur millionnaire (un ticket d’euro million traine dans sa poche). Il hésite dans le partage de sa fortune alors qu’on lui a donné des idées totalement objectives.

Devant cet échec cuisant, nous attaquons la remontée. Les deux tourtereaux ont pris la tête et il nous semble (Olivier et moi) qu’ils filent à une allure impressionnante sur les cordes.martel_5
Mais il y a une explication : ils sont remontés complètement « à poil ». Même pas un petit kit de ceinture, une bouteille d’eau, que dalle !!!

L’idée de les abandonner au bord de la route me trotte dans l’esprit mais le temps fait son affaire. L’objectif immédiat est de se réhydrater au bar à Estérençuby (on n’a pas oublié l’invitation !) mais le lieu est complètement grillagé et des chiens féroces gardent l’entrée.
En gros, le bar est tout simplement fermé. Le patron a du se renseigner sur nous.

Nos larmes de tristesse et de désespoir coulent et diluent notre bière en repensant à notre échec dans la tentative de touchage de fond. Donc, par souci de conservation de notre dignité, il faudra bien y retourner au terminus actuel de ce Martel de Minassaro.martel_7

Alexis