Sortie du 29 et 30 novembre 2014

Participants : Alexis, Iban, Virginie, Gilen

Nous devions être une petite dizaine à descendre au Behia ce week-end. Nous devions donc faire deux équipes, une équipe partant le samedi matin pour aller du côté des gours faire des escalades, l'autre équipe partant l'après midi, avec pour seul objectif de visiter et se familiariser avec ce trou. Mais suite à différents forfaits, nous ne nous retrouvons qu'à 4 à partir samedi matin. Les deux Fred passent nous dire bonjour, sans qu'on arrive à les motiver pour venir avec nous.

En préparant le matos, on se dit qu'il nous manque quand même de quoi arroser au bivouac la superbe première que nous ferons. Je pars donc acheter quelques bières... Malheureusement, à Garazi, pas de bières en bouteille en plastique. Je pars donc sur des canettes en alu...

En préparant le matos, on s'allège au maximum. Il y a assez de duvet au fond. Pas de cordes dynamiques, il y a ce qu'il faut au réseau du Leize Mendi à priori. Bien sûr, Iban et moi, on n'a pas vraiment tout prévu... Malgré le fait qu'Alexis nous ait prévenu qu'on allait se tremper, nous n'avons strictement pas prévu de vêtement de rechange... On se retrouve donc juste avant de partir à aller acheter des sous-vêtements de ski au Lidl du coin... vu le prix, on se dit qu'on ne prend pas trop de risques...

A force de traîner, on se retrouve donc à l'entrée du trou vers 11h. On a de la chance, il ne pleut pas encore. En se changeant, je me rends compte que j'en ai fait une belle !!! Les bottes sont restées à Mauléon !!! Tant pis, je vais tester la spéléo en petites chaussures de rando Quechua... en espérant qu'elles tiendront tout le week-end.

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Iban et Virginie ont récupéré des Go Pro. Le frère et la belle soeur d'Iban leur ont prêté ça !!! Là, on se dit que sa belle soeur ne doit pas bien le connaître pour lui prêter une Go Pro !!! Il l'a fiwxe sur le casque et les paris sont engagés... On est tous persuadé qu'elle ne passera pas la journée !!

Alexis équipe les premiers puits et file avec Iban. Il abandonne Virginie sans aucun scrupule !!! Derrière, on descend à notre rythme. A plusieurs endroits, pour ne pas trop perdre de jus, il faut connaître et j'indique quelques petites astuces à Virginie... A un moment donné, une drôle d'odeur m'assaille... A force de chercher ce que ça peut être, je me rends compte qu'une bière s'est éclaté dans le kit !!

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Iban et Alexis nous attendent à l'entrée du réseau du Leize Mendi. Alexis s'est fait une petite frayeur. Sur la main courante d'accès, au réseau LM, une vis casse et il se prend un petit vol... Heureusement que la main courante est super bien équipée et que les points ne sont pas trop éloignés... Au passage, pas de trace de la corde dynamique... Bon, on devra faire sans...

A partir d'ici, je ne connais pas. Par le réseau du LM, on a un très bon shunt qui fait gagner bien 40 minutes pour aller au bivouac, et surtout, qui zappe plusieurs passages un peu chiant ou un peu exposés.

Alexis rééquipe les deux puits suivants. Ici, il y a un gros mystère. Alors que le réseau du LM est une première, en descendant un puits, on trouve du fil topo et un point topo de 2012. Iban, Virginie et moi essayons de comprendre comment certains sont venus dans cette partie dans les années 70 sans passer par le réseau du Leize Mendi, et comment François Ichas a bien pu mettre un point topo deux ans avant dans le coin... S'ils sont montés par là où on descend, alors ils sont vraiment bon en escalade... Que des rognons de silex qui ne demandent qu'à se barrer...

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On continue et on se retrouve rapidement à la rivière suspendue. On mange vite fait avant de repartir vers le réseau des gours. Iban, devant la beauté des lieux, commence à nous faire son photographe professionnel avec sa go pro!!! Il nous place avec une autorité et un savoir faire qu'on ne lui connaissait pas... On en est bluffé et on pense qu'il va nous sortir des photos de malades, vu comme il fignole les détails pour éclairer les galeries... Le lundi, en fait, on apprendra que ce n'était que du bluff et qu'il n'y a AUCUNE photo valable au final !!

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Iban et Virginie hallucinent un peu devant la beauté du réseau de ce côté là. On abandonne le matos pour le bivouac à l'embranchement de la galerie semie-active et on continue vers les gours.

J'en profite pour essayer de repérer où pourraient jonctionner les départs que nous avions repérés au réseau du Ziloko, et qui, d'après la topo, sont situés pile au dessus. On en profite aussi pour voir où installer le bivouac. Nous prévoyons en effet de le déplacer vers le réseau des gours qui nous semble plus prometteur.

Nous arrivons enfin au niveau de la galerie des Gours. Ils ne débordent pas aujourd'hui. Les gours d'un mètre de profondeur, en travers de la galerie, c'est peut être beau mais c'est quand même hyper chiant à franchir... Arrivé au lac, le niveau est assez bas, mais beaucoup trop haut sans botte... Tant pis, je vais devoir me mouiller...

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Au siphon des étoiles, on s'aperçoit que le siphon ne passe pas... Enfin, ça pourrait passer mais en voûte mouillante, en ce mettant dans l'eau jusqu'au menton... Comme on n'a pas les néoprènes, on préfère faire le tour, même si c'est bien plus long.

Plus loin, la galerie s'abaisse et ne donne vraiment pas envie de continuer... Il faut se mettre à 4 pattes dans la boue et personne ne semble très chaud pour y aller... Réunion au sommet... On tergiverse, personne ne se décide... Au bout d'un moment, mouillé pour mouillé, je me décide à y aller... On ne m'a pas désigné responsable des galeries boueuses pour rien. Une fois de l'autre coté, les autres me font la blague du "bon, au final, on n'y va pas"...

Un puits chiants et une escalade foireuse plus loin où Virginie se fera peur, nous arrivons dans la galerie des dos d'ânes... ça monte et ça descend sans arrêt... avant d'arriver à une nouvelle galerie remplie de gours... Une gamelle dans un gour pour moi, une figure artistique pour Virginie et nous nous retrouvons devant l'escalade de la galerie des Boas. Une petite ficelle qui passe dans un anneau pour rééquiper... Vu que personne n'est venu depuis 30 ans, et comme nous ne voyons qu'un seul amarrage (plutôt pourri), on préfère refaire l'escalade.

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Pendant qu'Alexis et Virginie vont faire une séance photo, Iban se met à l'escalade pendant que je l'assure avec une corde statique. L'escalade est à faire sur une longue coulée de calcite et, à chaque fois qu'Iban serre les goujons, ça part en vrille... Il faut souvent qu'il pose 3 gouons avant d'en avoir un de potable.

Une fois en haut, Iban nous équipe une corde fixe et nous le rejoignons. Mais l'explo ne dure pas longtemps... Une autre escalade nous attend. Ce coup ci, elle est beaucoup plus courte (2 ou 3 m) et se situe au dessus d'un gour assez profond. Les autres ne voulant pas se mouiller, je file dans le gour avec de l'eau jusqu'aux cuisses. Une petite ficelle me permet de repasser la corde dans l'anneau en place depuis 30 ans... Et c'est parti pour une petite montée sur mono point rouillé et oxydé...

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Je monte plus haut pour leur mettre une corde qui zappe toute une partie chiante à remonter. Mais ils râlent en bas... ils ne veulent pas se mouiller et je suis donc obligé de leur mettre des points supplémentaires pour une main courante au dessus de l'eau...

Iban et Alexis me rejoignent mais ils s'arrêteront bien vite : un énorme gour barre toute la galerie sur toute la longueur, et sur une quinzaine de mètres de long. Mouillé pour mouillé, je file au bout voir ce qu'il y a. Derrière, un autre gour et une galerie qui a vraiment de la gueule !!! Mais c'est l'heure (21h30) et on doit retourner au bivouac.

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Le retour se fait rapidement. On passe par la galerie semie active pour retourner au bivouac. Le lavabo ne déborde pas ce coup ci et Iban et moi allons y jeter un coup d'oeil. Il y a un siphon en bas...

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Pour remonter au bivouac, il faut passer par le terrible dièdre, grosse pente de boue, immonde à remonter. On essaye de remonter par la rivière mais on se retrouve vite bloqué... Tant pis, va falloir patiner dans cette boue infâme...

Il est quaisment minuit quand nous arrivons au bivouac. Petit apéro pour fêter le premier -500 de Virginie. Un bon repas, un petit coup d'oeil à la topo et nous partons nous coucher vers 2 heures du matin.

Le lendemain, réveil à 8 heures pour Iban et Virginie. Alexis et moi, on préfère faire la grasse mat quelques minutes de plus. Ils commencent à remonter vers 9 heures. Avec Alexis, on prend le temps de bien déjeuner, de faire l'inventaire et le ménage... Il y a pas mal de bouffe au bivouac mais beaucoup est périmée ou moisie !! On fait le tri et on remontera tout ce qui est immangeable. Petite remarque à tous ceux qui retourneront au bivouac : s'il vous plait, n'amenez plus des pots en verre, des pots de Nutella ou autre truc qui ne se conserve pas !!!

Le bloqueur de pied m'entamant la cheville à cause de l'absence de bottes, je me bricole une atèle avec un morceau de matelas.

En remontant, Alexis et moi commençons à chercher à percer le mystère du fil topo et du point topo de François. Nous revisitons plusieurs galeries, nous rampons dans des galeries boueuses, à s'en mettre partout... Et au final, le Behia nous joue des tours de cons... On tourne en rond environ 45 minutes, à retomber sur nos pas sans arriver à trouver un passage pour atteindre ce point topo...

On mange un petit bout en bas des puits avant de remonter... Tous les deux puits, il faut que je remette en place l'atèle sur la cheville. La remontée se passe sans trop de soucis, rythmée par les différentes hallucinations de bruits de mousquetons et de bruits de voix...

Dans le dernier puits, on voit que la météo s'est vraiment dégradée... pluie fine, froid, brouillard... L'hiver est réellement arrivé en deux jours. En déséquipant, je me bas avec une ronce qui s'est emmêlé dans le kit et dans la corde...

On s'habille vite et on file rapidement au bar le plus proche boire un chocolat chaud !!! Détour au club pour nettoyer le matos... sans motivation, vu la météo et le froid ambiant... Prochaine fois, on aura les combis néoprènes et on ira au bout de cette galerie !!!

Gilen