Participants : Alexis, Eric, David, Gilen

Sortie du 7 et 8 février 2015

Une séance photo était prévu de longue date le week-end du 7 et 8 février au Behia. Mais il a énormément neigé et à basse altitude les jours précédents... Personne n'était très chaud pour y aller, du coup, préférant profiter du relatif beau temps...

 

 

 C'était sans compter sur Alexis, qui est rarement disponible les week-ends, et qui veut se faire un truc baston. En gros, on se fera environ 500m de dénivelé en ski de rando ou en raquette avant d'accéder au trou.

 Du coup, peu de motivés. Seuls Eric, David et moi répondons à l'appel d'Alexis... Par chance, la neige a un peu fondu et on gagne 50m de dénivelé.

 

 Au local, on se réparti le matos photo. Il y a pas mal de trucs à prendre, entre l'appareil photo, les flashs, le trépied, les batteries et piles... Pour David, c'est la première fois qu'il fait des raquettes, première fois qu'il descend à -500, premier bivouac. Autant dire qu'il est pas mal chargé, comme toute nouvelle personne qui descend bivouaquer au Behia la première fois. On ne le surchargera pas trop, juste les batteries et piles et 1 litre de vin.

 De mon côté, j'arrive vraiment à optimiser et du coup, je suis le seul à avoir suffisamment de place pour prendre le trépied. Alexis râlera d'ailleurs pendant 2 jours sur mon kit trop léger à son goût, "qui doit peser 500 grammes alors que le sien fait 10 kg". En même temps, Alexis optimise tellement peu son kit qu'il a un kit énorme, mais pas assez de place pour le trépied... Il se retrouvera avec la mallette de flashs. Autant dire un poids léger, tout le monde sait bien que les photons, ça pèse rien !!

 

 Et ils ont beau me dire que, vu que je suis le plus jeune, que je n'ai pas d'enfants (il parait que pour chaque enfant, on prend 10 ans d'âge selon eux...), je dois prendre les kits les plus lourds, je résiste... Je vais pas me faire avoir !!

 Et c'est parti pour 2 heures de montée (oui, je sais, 500 m de dénivelé en 2 heures, on n'est guère performant... En même temps, vu le poids de nos kits !!). Je suis le seul à ski alors que les autres sont en raquette. Comme à chaque sortie ces derniers temps, les seuls qu'on croise sont les chasseurs, tout en orange fluo, avec leurs gros 4x4... Ils viennent d'abattre un cerf sur la route enneigée... ça fait mal au cœur... Vu qu'à chaque fois qu'on sort, on croise des chasseurs, on commence à se dire que pour notre sécurité, on devrait avoir des combis de spéléos et de canyons fluos...

 David en chie un peu... Il faut dire qu'au moment de partir, on s'est rendu compte que personne n'avait pris le kit d'équipement et, on lui a refilé bien gentiment.

 Après avoir enlevé les 4 épaisseurs de fringues, on décide de le délester un peu. Le bizutage a ces limites... Mais personne n'a la place de prendre le kit d'équipement. Du coup, je me fais avoir... On l'attèlera derrière moi (vu que soit disant je suis le plus jeune, le plus en canne, qu'en ski c'est plus simple... Ils en auront trouvé des arguments pour bien m'avoir) et je le traînerai comme un traîneau... Saut que ça fait plus chasse neige que traîneau...

 

 A vol d'oiseau, on n'est plus très loin de l'entrée. On voit au loin le virage avec la barrière de sécurité, juste avant le Behia... Mais au vue de la pente, on va bien en chier... Eric m'aide un peu, en guidant et débloquant par l'arrière le kit/traîneau... Mais malgré ça, mes peaux de phoques glissent vers l'arrière sous le poids...

 Enfin, c'est la libération et la barrière. En haut, ça redevient assez plat. Tout est d'un blanc immaculé, pas une trace à l'horizon. Le paysage est vraiment différent et on en vient même à se demander si on est réellement sur la route.

 

 L'entrée du Behia est méconnaissable. Ce n'est même pas la peine de chercher les premières broches, sous 80 cm de neige. L'accès jusqu'au bord du gouffre est même difficile, les branches des arbres touchant le sol sous le poids de la neige.

 Alexis part trafoler la neige (non non, promis, ce n'est pas une insulte...). En gros, il part nous tasser tout ça en brassant avec ses raquettes pour nous faire une aire de pique nique...

 

 Alors qu'on déballe tout pour manger au soleil avant de descendre, David se rend compte qu'il a grandement faillit à sa mission... Son sac à dos s'est ouvert et il a perdu les piles, batteries et, bien plus grave, le litre de vin !!! La situation est critique... Les piles, on fait le point sur ce qu'on a. Vu que j'ai des piles de rechange pour passer la semaine sous terre, ça devrait le faire... Par contre, le vin... On hésite grandement à laisser tomber et avorter l'expédition... Rien à boire au bivouac, on se demande comment on va faire.

 

 Après mûre réflexion, le conseil des sages décide qu'on continue notre mission, malgré le manque de cet élément primordial... Par contre, David sera condamné à subir nos railleries tout le week-end.

 

 Au final, il s'est quand même bien débrouillé, n'ayant que ses affaires à trimballer...

 Une fois changé et le matos de ski/raquette planqué, on entame la descente... Dans les trois premiers puits, il faut faire gaffe... Il y a de grosses plaques de verglas et ça glisse pas mal. Les concrétions de glaces côtoient les concrétions de calcite.

 

 La descente se fait à un bon rythme. On communique quelques trucs et astuces à David, pour zapper certaines manips chiantes, pour gagner du temps où s'économiser... A force, on connait les trucs et astuces de tous les puits,

 

 On laisse une partie du matos à la rivière suspendue et direction la galerie des gours pour les photos. Repérage de plusieurs endroits sympa et on file directement aux gours. On a de la chance, les gours sont pleins, ça sera plus sympa sur les photos.

 Eric fait ça comme un quasi professionnel. Il place les flashs, les personnages, avec une facilité déconcertante. Les premières photos sont faîtes du premier coup... Comme mon éclairage est très nul, difficile de lui montrer ce que j'éclairerais avec un flash, et difficile d'éclairer le personnage pour la mise au point. En gros, je sers à rien alors, autant que je fasse le figurant...

 

 Après les premiers gours, il faut traverser le lac pour aller vers une autre zone bien jolie. Bon, y'a quand même pas mal d'eau au final... On se mouille jusqu'au haut des cuisses... Mais ça passe sans encombre.

 Encore pas mal de photos de gours, de fistuleuses. Et il est temps d'aller au bivouac, vu l'heure qui avance. Il faut à nouveau passer le lac...

 

 Là, on se plante tous un peu de chemin et on ne prend pas forcément le passage où il y a le moins d'eau... Alexis se plaint qu'il se mouille un peu trop haut avant que je trébuche sur une pierre et que je m'affale à plat ventre dans la flotte... Au moins, ça c'est fait...

 On retourne rapidement au bivouac. Là, je crois que c'est la première fois qu'on se couche aussi tôt... En même temps, vu qu'on a pas de vin, les cacahuètes sont bien fades et on n'a aucun motif pour s'éterniser. Comme le lendemain, il faudra compter une heure de plus de marche de retour, on décide de se lever très tôt : 6 heures du mat...

 

 David et Eric partent devant. Alexis et moi, à notre habitude, on traîne... Dur dur de se lever si tôt, surtout dans la perspective de remonter 400 mètres de puits... Vivement qu'on la retrouve cette deuxième entrée, pour pas à avoir à remonter les puits...

 

 Dès la grande trouée, je sens que ça va être compliqué... Mon croll, fatigué, ne bloque qu'une fois sur deux... En une cinquantaine de minutes, on est à la base des puits... Sacré raccourci que le shunt du Leize Mendi.

 Avec Alexis, on remonte tranquillement à notre rythme, même si Alexis n'arrête pas de se plaindre que son kit est trop lourd... Bon, ok, je me plains plus encore de mon croll... En bas du P44, on rejoint les deux autres. David commence à accuser le coup. En même temps, il a pris tellement de bouffe que son kit est encore bien lourd. On dispatche une partie de son kit entre nous et ça repart.

 

 On remonte tranquillement, sans se mettre dans le rouge. En bas du P72, on mange un bout... On sait qu'on est bientôt dehors, enfin, normalement...

 Je décide de prendre la corde plein pot et je remonte... et je redescends aussi sec... Mon croll vient définitivement de rendre l'âme en tant que croll... Bizarrement, il bloque bien en mode normal, mais pas du tout dès qu'il y a un bloqueur de pied...

 

 A mis chemin, je n'en peux plus, à force de monter quasi autant que ce que je descends. Eric m'attend à un fractio et on commence à bricoler avec ce qu'on a... Une mini trac en tant que poignée, et la poignée en tnt que croll... Autant dire que je n'ai plus aucune amplitude... Et la poignée comme croll, c'est moyen... En arrivant sur un frac, sur corde tendue, la poignée à tendance à se mettre de travers et ne plus accrocher non plus... Et en arrivant au frac, bonjour les manips... Enlever la mini trac, sans la perdre, défaire tous les mousquetons qui rapproche de la poignée/croll, batailler pour l'ouvrir... On est pas sorti !!

 

 Au dessus du P72, dans la partie étroite, la poignée ne bloque pas et je me retrouve le pantin bloqué au dessus de moi... Heureusement qu'il n'y a personne, vu comme la position doit être ridicule...

 

En bas du P25, on teste divers systèmes. Le nœud de cœur, c'est à oublier après 350 m de puits, sur P25 plein pot... Au final, je finirais avec deux poignées et Eric avec mon croll en poignée et son croll...

 

 Une fois dehors, on remballe tout et c'est parti pour la descente... Philippe P est monté en raquette nous voir à l'entrée du trou, mais il est vite reparti, la température étant assez fraîche.

 

J'en ai tellement chié sur les derniers 150 mètres de remontée que je n'ai plus de bras et plus de cuisses... Je laisse les autres redescendre par le raccourci, un peu raide et trace directement par la route... Au moins, pas besoin de faire de virage...

 En descendant, une bonne surprise : une biche part sous mon nez. Manque de bol, à ce moment là, je ne filmais pas là où il faut... C'est quand même bien plus jolie une biche vivante que le pauvre cerf mort croisé la veille...

 En un quart d'heure, je suis à la voiture. Les autres arriveront 45 minutes plus tard. Ils ont retrouvé les piles et les batteries, mais pas la bouteille de vin... On soupçonne des chasseurs de l'avoir trouvée... Une fois arrivé au club, (après quelques dérapages un peu incontrôlés en voiture), on apprendra que c'est Philippe qui a ramassé la bouteille... On voit ce qui l'intéresse !!!

 Une fois le matos rangé, chacun rentre chez soit se mettre au chaud... Pas sûr que l'idée revienne vite de se faire le Behia en hivernale, avec la marche d'approche en raquette ou ski... Même Alexis semble ne plus avoir d'idées débiles... Même si on sera les premiers à le suivre quand une autre idée saugrenue reviendra...

Gilen