Week-end au Behia du vendredi 26 octobre au dimanche 28 octobre.
Une histoire d’affluent ouest, de jonction, et surtout, d’EAU !!!
On s’est retrouvé vendredi soir, Nicolas, Alexis, Mathieu, Olivier, Roger et moi vers 19h au local pour préparer le matos et manger un peu, avant d’aller au Behia jusqu’à dimanche, avec comme objectif de trouver un shunt pour tomber directement dans la Hoya, sans passer par le Colorado.
Un orage monstrueux est en train de péter dehors, démotivant un peu les troupes. On est tellement bien à boire des bières et du vin de la venta, tout en mangeant pâtés, saucissons et autre charcuterie (pour nous, ça ne sera pas 5 fruits et légumes, mais bien 5 charcuteries par jour).
Vers 21h30, on se motive enfin et on décide de tous s’équiper au local, sous combi, combi, botte, baudar… pour ne pas se tremper la gueule à l’entrée du trou.
On rentre dans le trou vers 23h. Le puits de 25m annonce la couleur, on va se tremper la gueule. Au moins, avec les crues, on sait ce qui est toujours actif et ce qui ne l’est plus. D’ailleurs, nous avons repéré que toute l’eau partait dans une galerie au fond d’un P10. Après un coup d’œil sur la topo, c’est pile à l’aplomb d’une galerie du réseau des sources… A voir s’il n’y aurait pas un shunt !!
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Arrivée sans encombre au bivouac vers 1h du mat… Descente sans incident, à part que ça mouille, que ça glisse et qu’il y a de l’eau !!! L’affluent ouest au bivouac fait un boucan du tonnerre, de quoi regretter les boules quiès.PA270448

 

Le temps de boire un coup, de fixer les objectifs du lendemain et tout le monde va essayer de trouver un peu de repos dans ce tonnerre grondant.
Le lendemain, le débit a encore augmenté.PA270449

 

On fixe les équipes : Alexis, Nicolas et moi, nous irons fouiller au niveau de la Béance pendant qu’Olivier, Roger et Mathieu iront à la Hoya. Chaque équipe est munie d’un sifflet et on a convenu de siffler à partir de 12h15, quand chacun serait en place, puis toutes les 10 minutes.
Les Hoyaciens partent les premiers. L’eau coule vraiment de partout, avec des cascades et des arrivées d’eau insoupçonnées. Peu de temps avant la Béance et la main courante sur stalagmite, nous rejoignons l’autre équipe car un obstacle se dresse devant nous.PA270457

 

La galerie est bien inondée et ça ne passe pas sans se mouiller jusqu’en haut des cuisses (Olivier en a fait les frais). Une escalade foireuse, suivie d’une désescalade toute aussi foireuse permet de shunter la partie qui mouille. Alexis équipe avec une corde la montée et la descente.  Au passage, on se dit qu’une escalade (un peu foireuse) permettrait d’accéder à une galerie remontante… Un prochain objectif ?
Les Hoyaciens continuent mais tout le monde se doute qu’ils ne pourront sûrement pas passer…
De notre côté, nous arrivons enfin à la Béance et allons farfouiller dans une énorme galerie, avec un beau cahot rocheux. Là aussi, ça coule à flot !
Nicolas trouve un petit puits et il équipe pour le descendre.PA270474

 

Alexis le rejoint, mais c’est trop foireux… Une « vilaine trémie » (une de plus). On essaye donc par un autre côté. Nicolas est bien motivé et descend en désescalade. Au fond, ça pourrait passer… si seulement il n’y avait pas autant d’eau. Il est quasiment l’heure de siffler mais on renonce, se doutant bien qu’ils n’auront jamais atteint leur objectif. On arrête de chercher dans ce coin, les niveaux d’eau ne permettant pas grand-chose.
Alexis nous propose d’aller fouiller un autre secteur (tracé en rouge), au dessus de la fameuse main courant sur stalagmite de la Béance, secteur qu’il était allé voir en se paumant avec Serge, un jour où ils voulaient aller voir le Colorado. Le passage est étroit, un peu merdique mais il donne dans une galerie très belle et bien concrétionnée. On décide de manger un bout, la vue étant suffisamment à notre goût.
L’exploration reprend. On contourne un puits avec une main courante. Il parait que Serge l’aurait passé en libre… Chapeau bas !! Au bout, nous trouvons une jolie galerie, concrétionnée, mais basse de plafond et qui mouille un peu… La suite se fait en rampant dans l’eau et personne n’est très chaud surtout qu’au bout, nous voyons un morceau de rubalise neuve !! Nous avons jonctionné, mais on ne sait pas trop où… Après coup, nous réaliserons que nous avons jonctionné avec un passage bien connu, car un peu chiant à passer en présence d’eau (voir la topo, trop dur à expliquer sinon).
Alexis décide de descendre le puits et, grosse surprise, il tombe sur la corde que nous avions posée le matin même ! L’escalade et le nouvel objectif que nous avions repéré le matin n’ont plus lieu d’être. Nous restons assez perplexes sur ces deux jonctions, car nous sommes un peu paumés et désorientés…
Nous retrouvons les autres à ce moment là. Ils n’ont pas pu atteindre la Hoya, toute la partie en amont du siphon étant sous l’eau.
Nous décidons d’aller au prochain objectif, l’affluent Ouest… En chemin, nous décidons de poursuivre tout droit (tracé en vert), au lieu de remonter un passage bas de plafond, et toujours mouillé, passage obligé vers le bivouac, pour visiter une galerie que nous avons toujours laissé sans nous en soucier. La galerie continue un petit moment, avant d’arriver dans une salle plus grande. A cet endroit, l’eau coule sous nos pieds, dans un méandre très étroit. Pour continuer, il faut descendre un puits, mais personne n’est motivé pour l’équiper. Olivier repère qu’en amont, le méandre est un peu plus large et il s’y enquille. Ne revenant pas, Alexis s’y enquille à son tour. Personne ne revenant, Mathieu y va à son tour, tel un mauvais film d’horreur où chacun disparait à tour de rôle. Personne n’étant revenu, j’y vais à mon tour. Je trouve rapidement Mathieu qui renonce car c’est étroit et ça mouille un peu. Je continue un petit moment, non sans me déchirer la combi et la sous combi avant de rejoindre Alexis et Olivier. C’est étroit, ça mouille, ça accroche mais ça continue. Olivier s’est arrêté sur rien.
Nous rejoignons les autres, non sans se demander où va se méandre et s’il a été vu. Nous reprenons le chemin du bivouac avec pour objectif d’aller à l’affluent Ouest. PA270477

 


En chemin, nous passons devant un puits que nous n’avons jamais visité, notre objectif étant ailleurs. Pas de spits à l’horizon et nous équipons autour d’un rocher. Je descends le premier, en me demandant si cela a vraiment déjà été descendu, vu le nettoyage nécessaire avant de toucher le fond (tracé en bleu). En bas, une grande salle, pas de traces de pas. Plus bas coule une rivière.  L’amont et l’aval de la rivière étant prometteur, je décide d’appeler du renfort. Mathieu me rejoint et nous allons voir l’amont. Nous trouvons quelques traces de pas et nous arrivons dans une salle où l’eau coule du plafond, et où la rivière arrive d’un méandre. Mathieu est formel, nous avons jonctionné avec le fameux puits que personne ne voulait descendre.
Nous allons voir l’aval. Ca continue bien et nous appelons les autres pour qu’ils nous rejoignent.  Roger et Olivier descendent à leur tour. Nous suivons la rivière, avec des méandres étroits à desescalader. Jusqu’à que je tombe sur un morceau de rubalise ! On décide de suivre les rubalises et nous réalisons que nous avons jonctionné avec le chemin que nous prenons tout le temps en direction du Colorado et de la Hoya. Olivier va donc chercher Nicolas et Alexis qui nous attendent en haut. Au final, ils avaient descendu le puits et nous attendaient en bas.  Ils ont été assez surpris de voir Olivier en haut du puits…
Une fois tout le monde réunit, Alexis et moi repartons vers le point où nous avons jonctionné, Alexis voulant comprendre le tour foireux que nous a joué le trou, pendant que les autres vont visiter une autre galerie qui devrait enfin être l’affluent ouest… Ca ne parait pas être ça non plus ; ils sont tombés sur un puits non équipé alors que dans notre souvenir, la précédente équipé avait laissé une corde en place. Ecœurés devant tous ces tours et détours, nous décidons de rentrer au bivouac. Alexis et moi restons un peu à l’arrière, le temps de replanter un spit et changer une main courante dont la corde avait 20 ans minimum et commençait à être bien tonchée.PA270478

 


En arrivant à l’embranchement du bivouac, on retrouve l’autre équipe, Birgit, François et Eric, qui finissent de retopographier la grande trouée.
Au passage, la décrue s’est amorcée et la rivière du bivouac a retrouvé un débit quasi normal.
Tout le monde se retrouve au bivouac, devant un bon repas, des soupes et du bon vin. La topo circule de main en main pour essayer de comprendre ce que nous avons fait… Au final, nous avons cherché l’affluent Ouest tout l’après midi alors que nous y avons passé la journée dedans… Mais par contre, nous ne savons pas du tout où se situe ce fameux siphon de sable…
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La soirée s’éternise avant que, les uns après les autres, gagnés par le sommeil, nous allions nous coucher, en se serrant dans la tente qui pour l’instant n’a jamais vu autant de personne.PA270482

 


Le lendemain, l’équipe des topographes continuent en direction de la rivière suspendue, voulant topographier d’autres parties. Les autres, nous remontons, non pas sans en avoir chié pour ma part.
Sortie du trou entre 14 et 15h, selon les uns et les autres, et selon l’ancienne et la nouvelle heure… on ne sait plus trop !!!
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Au final, on aura bien jonctionné, mais pas là où on l’espérait… Aucun objectif atteint même si maintenant, on commence à mieux comprendre le trou. Des choses à revoir hors crue, notamment à la Béance…
Alexis, Olivier, Nicolas, Mathieu, Roger, Eric, Birgit, François, Gilen
PS : Si vous n’avez pas tout compris, c’est normal, nous non plus !!!
PS 2 : les tracés sur la topo sont des tracés hypothétiques… Nous n’avons pas tout compris !!!tracés sur topo